Vers une autre Kaaba

Il y a ceux qui par les airs, invités de leur Seigneur, voyagent vers les lieux Saints. Il y a ceux qui, demeurés à terre, sont invités par leur Seigneur à voyager vers une autre Kaaba. J’ai vu le père et le fils. Puis la mère et son fils. L’eau coulât à son talon prenant source en l’amour maternel, effusion miséricordieuse d’une miséricorde.

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Lundi 6 Septembre 2010
Articles
Vers une autre Kaaba
par Dr Al ’Ajamî - le lundi 8 décembre 2008


Il y a ceux qui par les airs, invités de leur Seigneur, voyagent vers les lieux Saints. Il y a ceux qui, demeurés à terre, sont invités par leur Seigneur à voyager vers une autre Kaaba.

J’ai vu le père et le fils. Puis la mère et son fils. L’eau coulât à son talon prenant source en l’amour maternel, effusion miséricordieuse d’une miséricorde.

J’ai vu le père et le fils. L’un accepta le sacrifice, l’autre d’être sacrifié. La main qui donne est plus haute que celle qui prend. Mais la grandeur d’un homme se mesure à ce qu’il abandonne et non à ce qu’il possède. J’ai vu le Père, j’ai vu le fils, comme un seul être pour un seul Dieu.
Pierre sur pierre, ils édifièrent le Temple de Dieu en une terre sans homme. Au désert, en la solitude, en l’absence, qu’éclate Sa présence. Paradoxe de la foule, comme en un désert humain, l’âme est seule au face à face.
Un simple cube de simples roches, vide. De laine ou de brocart, peu importe les atours pour le dépouillement. Peu importe la forme pour l’abstraction. Peu importe le symbole pour le Réel.

Au pèlerinage de nos vies nous sommes appelés. Vers Dieu elles accomplissent leur course. Pour Dieu elles versent leur sang. En Dieu elles s’abreuvent. A Dieu elles consacrent les rîtes et plus encore nécessairement. Les jours comptés sont ainsi innombrables. Les tournées processionnelles sont infinies, ton âme cesserait-elle de se prosterner. L’amour aurait-il une fin ! 

Qui n’a connu la soif ne sait l’eau. Qui n’a connu la brûlure ne sait la fraîcheur. Qui n’a connu la faim ne sait le pain. Qui n’a connu le doute ne sait la certitude. Qui n’a connu l’absence ne sait la présence. Mais qui n’a connu l’amour ne sait l’amour.

N’as-tu pas vu le monde graviter autour de la Kaaba. Comme de lumière à force d’être sombre, elle engendre la spirale de l’univers qui sans cesse à ses pieds s’enroule. Ô fiancée de la spiritualité, qui ne défaillerait de t’avoir entre aperçue au vent révélateur.
A succomber d’amour lorsque, telle la mariée, tu relèves un pan de ton voile. A boire de déraison à l’eau de ta source. A courir entre tes seins de roches. A mêler nos voix aux cris d’espoir de la mère éperdue. Puis à marcher dans un désert sans asphalte vers le mont de la Miséricorde de ton Seigneur. A pleurer de miséricorde, pluie du Miséricordieux. A de ferme volonté, amasser des cailloux comme des rochers. A se lapider soi-même dans le miroir de nos âmes. Puis, à l’ultime aube, fin obligatoire, à s’humilier tête nue et rasée, sang versé, comme un ultime symbole.

Je vois le Prophète ruisselant de poussière, pied posé sur le cou de l’agneau. Je vois la douceur et la détermination, la crainte et l’acceptation.
Je vois les chaînes d’abattage. Nos intentions crochetées à l’inox, nos âmes pendues, aseptisées, estampillées.
Affûte ta lame, mon frère, et tranche la gorge de tes prétentions…

N’a de Seigneur que le serviteur. Il ne te doit rien, tu es son obligé, son débiteur.
La victoire est sans triomphe, défaite des ambitions.
Remercie-Le de t’avoir dépouillé, remercie-Le de t’avoir vaincu.

Au Pèlerinage de ta vie il n’y a personne. Au Sanctuaire de ton cœur il n’y a que Dieu. Vers une autre Kaaba il n’y a que toi.

Vers cette autre Kaaba mon frère ne dirige pas ses pas.
A cet autre Kaaba j’aspire tout autant qu’elle me désire.
En cet autre Kaaba j’abreuve mes détresses.
Pour cette Kaaba je selle la monture de ma foi et bride l’étalon de mes désirs.

Vers cette autre Kaaba je m’élève, amant sincère.
A cette autre Kaaba je sacrifie mes divinités.
En cette autre Kaaba s’anéantit mon ego.
Pour cette Kaaba j’ai troqué le sel pour l’eau et le fer pour l’or.

Vers cette Kaaba la solitude m’accompagne.
A cette autre Kaaba tout mon sang est versé.
En cette autre Kaaba toutes mes larmes pleurées.
Pour cette autre Kaaba le seigneur de naguère est un humble mendiant.

Al Ajamî, Dhu-l-hijja 2008



Mots clés

Dr Al ’Ajamî

Auteur de « Que dit vraiment le Coran » et de "Quarante Hadiths authentiques de Ramadan" parus aux éditions Zenith, 2009. http://editionszenith.fr

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Vos réactions et commentaires sur cet article

12 décembre 2008
El Hadji Noumouké a dit :
salam merci, ooh cher cheick qu’Allah dans sa grace taccorde la force necessaire de nous enrichir davantage salam a toi
8 décembre 2008
Chaque année notre fête est endeuillée par des actes barbares et inacceptable . S’attaquer aux morts est un acte lâche et ignoble , et surtout quand c’est fait par ceux , pour qui ces morts ont donner leurs vies pour leur liberté !!! Malgré tout je souhaite à toutes et à tous عيد مبارك سعيد و كل عام وانتم بخير sans oublier une pensée à nos morts , mort pour la France qui les méprise tant ; même enterrés !!! Fraternellement : moha
8 décembre 2008
Rachid ZANI a dit :
Bonne fête à tous et que DIEU raffermisse nos liens solidement afin que l’"oumma"pérennise et consolide à jamais notre foi.
8 décembre 2008
Latoussi a dit :
Emouvant tout simplment, à tous et à tous, je vous présente mes voeux pour l’Aïd El Kebir
8 décembre 2008
Farouk a dit :
Un texte d’une grande profondeur et d’une très haute spiritualité.
8 décembre 2008
Samira a dit :

Asslamou alaikoum

Très beau texte, je vous souhaite à tous et à toutes Aid Moubarack Said.

8 décembre 2008
Le Kabyle solitaire ! a dit :
Sacré Cheikh.. On est tout juste en plein echauffement, que deja tu nous mets la barre trop Haute. La lecture de ce texte m’a fait perdre le peu de neuronnes qui me rester en fonctionnement ;=) Va faloir que je me ressource vite avec le prochain JT de 20H. Plus serieusemennt, merci pour ce texte qui est tout simplement MAGNIFIQUE ! et surtout AID MABROUK à toutes et a tous !
8 décembre 2008
Rachid ZANI a dit :
Qui n’a connu le pèlerinage,n’a connu "cette autre Kaaba". Puisse DIEU nous aider à faire cet ultime voyage.
8 décembre 2008
camel a dit :
machallah je savais que le dr aljami été un poètes bonne fêtes a tous
8 décembre 2008
zouhaire a dit :
salam très beau poèmes très profond
8 décembre 2008
sabrina a dit :
salam bonne fêtes a tous comme d habitude c est du très bon et quelle prose
8 décembre 2008
safia a dit :
j admire le dr al aljami c est texte sont vraiment d une très grande profondeur notre cœur accompagne nos frères durant le pèlerinage salam
8 décembre 2008
habib a dit :
e vois le Prophète ruisselant de poussière, pied posé sur le cou de l’agneau. Je vois la douceur et la détermination, la crainte et l’acceptation. Je vois les chaînes d’abattage. Nos intentions crochetées à l’inox, nos âmes pendues, aseptisées, estampillées. Affûte ta lame, mon frère, et tranche la gorge de tes prétentions… tres juste
8 décembre 2008
mohamed a dit :
salam c est très profond merci dr aljami mon cœur les accompagne salam
8 décembre 2008
aicha a dit :
machallah nous qui sommes pas avec nos frères au haj notre cœur et notre kaaba très beau al ajami

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