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Vendredi 12 Mars 2010
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L’ordre du monde (2/2)
jeudi 4 février 2010 - par Marie-Hélène Dassa

La dimension de l’amour

Seul Adam, « grumeau de sang coagulé » comme dit le Coran (40, 67), peut faire à Dieu l’offrande d’un amour en toute liberté. D’ailleurs, Dieu n’exige rien des simples d’esprit, car celui qui n’a pas la possibilité de choisir ne peut être considéré comme responsable. L’islam ne se réduit pas à la lettre, à une morale pratique, ni même à des préceptes rituels, mais ouvre avec des paraboles sur le mystère.

 L’islam - au sens de soumission à Dieu - de l’humain, contrairement à celui des autres créatures, est un acte de volonté libre. Il n’est pas conformité passive, mais adhésion confiante, en réponse à l’Amour divin. Car Son Amour précède l’amour humain, et l’incite. « Sa Clémence précède Sa Rigueur », comme, selon la tradition, il est écrit sur le Trône divin, car « Dieu est plus proche de l’homme que sa veine jugulaire[1]  » (Coran 50, 16). Le thème de la liberté se noue à celui de l’Amour divin. Par cela, il se rattache au mystère des fins dernières de l’être.

Chaque dimension de l’être humain est régie par un ordre. Selon une parole qui est quelquefois attribuée au prophète Muhammad, prototype du modèle de l’accomplissement dans les trois dimensions humaines : « Ma Loi (shari’a) ce sont mes paroles ; ma Voie (tariqa) ce sont mes états spirituels ; ma Vérité (haqiqa), ce sont mes caractères nobles ». Il exprime ainsi les trois modalités de l’être en donnant pour chacune la règle qui lui correspond.

 Le monde formel auquel appartient le corps est régi par sa Loi sacrée dont dépend son équilibre. Dans ce domaine, celui de la matérialité qui est liée à l’espace et au temps, l’ordre procède de l’enchaînement des causes secondes. L’âme dont le destin est de s’élever pour s’attacher à l’esprit peut suivre une voie de transformation ou tariqa. Mais le monde comporte un envers, une autre face. Dans cet au-delà des formes, le monde de l’esprit est le domaine de la haqiqa, la Connaissance. Ainsi, la vérité est cachée ou révélée selon ce que nous sommes capable de recevoir, de percevoir, en nous-mêmes, car le monde corporel est le reflet changeant d’une immuable réalité.

L’être humain fait un pont entre les deux mondes. Il occupe, de par sa position originelle, la place la plus élevée dans l’ordre de la création. Cette place se retrouve comme en miroir dans le monde manifesté, puisqu’il est le calife de Dieu sur la terre. Il est plus facile de se représenter les choses si l’on pense à l’état de veille et à celui du rêve. Les règles qui nous rendent compréhensible le monde disparaissent dans le rêve, pourtant il vient de nous. Dans notre sommeil, nous semblons fabriquer un monde incohérent ou merveilleux dans lequel est possible ce qui ne l’est pas à l’état de veille.

Quand nous nous réveillons, nous pensons que ce n’était pas réel, qu’il s’agissait d’une fantaisie de notre âme, une activité incontrôlée de notre cerveau. Mais quand nous dormons, où est la réalité ? Parfois, dans le rêve, il nous arrive de prendre conscience que nous dormons, et même de pouvoir sortir du rêve. Certains songes laissent une impression troublante de réalité. Ils restent en nous pour toujours, inscrits dans nos muscles et dans nos sens. Certains, renversant les habitudes mentales, disent que la vie est rêvée et que nous nous réveillerons lorsque nous mourrons. Nous sommes donc conscients qu’il existe un ordre des choses et que cet ordre est différent et nous échappe souvent dans le rêve. Ceci illustre l’existence d’autres états de conscience régis par d’autres lois.

L’esprit de la loi

La nuit et le jour, l’eau et le feu, le début et la fin, l’esprit et la lettre, l’intérieur et l’extérieur, le féminin et le masculin, la santé et la maladie, dans le monde créé tout est duel et aspire au retour à l’unité primordiale. Le corps définit une forme. Il établit une frontière entre l’intérieur et l’extérieur, il nous individualise, nous distingue les uns des autres, fait éclater en multitude l’unité de l’être. L’harmonie, la cohérence du monde reposent sur un ordre cosmique, une Loi divine qui, en islam, se nomme shari’a, c’est-à-dire « route ».

Elle est le chemin du corps, ce qui ordonne la nature et oriente le comportement, reflet extérieur d’une attitude intérieure. En tant que Loi révélée, la shari’a fixe des règles qui participent à l’ordre du monde et qui constituent une protection, une direction pour retrouver l’unité perdue. Etre une femme ou un homme est une contingence qui n’a de sens que dans ce déterminisme qu’implique l’état individuel, car cela constitue pour le voyage de l’âme un point de départ. En fait, toutes les âmes sont féminines et soupirent vers le seul principe qui est Dieu et ne voit que les cœurs, non les sexes.

Quand un homme ou une femme s’est anéanti en Dieu, il n’a plus d’existence propre. Comme les corps après la mort retournent à la poussière, les notions d’ « homme » et de « femme », liées à la fonction cosmique, disparaissent. Etre une femme ou un homme participe donc d’une prise de conscience de la forme qu’a prise l’âme, de ce qu’implique cet état, de ce qu’il permet et de ce qu’il empêche dans le monde de l’extériorité. Dans le monde de l’intériorité, celui de la haqiqa, cette distinction n’a plus cours. Mais nous ne sommes pas de purs esprits. Ne pas tenir compte de son déterminisme sexuel coupe l’individu de sa nature formelle et le rend incapable de se connaître lui-même.

Notre état corporel et l’ordre qui le régit sont un tremplin qui ne doit ni être dénié ni se transformer en boulet. « Occupez-vous de vous purifier, plutôt que de discuter sur la manière rituelle de monter une chamelle ! » disait une grande sainte de l’islam. La Loi divine est un moyen de parvenir à Dieu, une porte, pas un but et encore moins une obsession. L’imam Ghazali met en garde contre cette dangereuse confusion : « Ceux qui sont si érudits en certaines formes rares de divorce, ne peuvent rien vous dire à propos des choses les plus simples de la vie spirituelle, comme le sens de la sincérité en Dieu ou de la confiance en Lui ».

Le monde formel et la loi qui le régit sont un moyen, une épreuve aussi parfois car il faut supporter patiemment les limitations que cela impose. Il n’est pas question, bien entendu, d’axer la vie sur la science du licite et de l’illicite, mais de comprendre en toute humilité la miséricorde qui fonde l’esprit de la loi. Elle est le code de la route de notre existence physique. Le mot shari’a est l’équivalent du terme sanskrit dharma. Ces termes désignent, tout autant dans l’hindouisme que dans le bouddhisme ou l’islam, la Loi révélée, l’ordonnance prescrite à tous dans le monde formel, celui du corps et des actes.

C’est le chemin que suit chaque être humain dans sa quête de l’origine. L’univers est organisé selon un ordre mathématique, cette harmonie repose sur la loi et de ce fait, on peut dire que les atomes comme les corps célestes, tous sont soumis et obéissent à cette loi. Elle est l’ordre du monde, universelle elle s’adapte à toutes les cultures et à toutes les époques. Le plus sage est celui qui parvient à se conformer à l’ordre universel. Cette conformité est un acte de foi, preuve de la confiance en la raison cosmique. Elle n’est pas résignation, mais amour. Il ne faut pas la confondre, comme c’est souvent le cas, avec le fiqh, le droit musulman dont les règles sont le fruit d’une tentative d’interprétation humaine de la Loi divine, interprétation qui est plurielle, selon que l’on se rapporte à une école ou à une autre.

L’esprit de la shari’a est donc loin de cette ankylose qui fige depuis plusieurs siècles la pensée religieuse des musulmans, ou de ce qu’en disent les media. Dans la perspective d’un enseignement initiatique, elle est considérée à la fois comme le début et comme la fin de la voie initiatique. Au terme de la voie, le corps a réintégré sa forme originelle.

Le disciple doit être, comme disent les soufis, « intérieurement avec Dieu et extérieurement avec les hommes », réalisant ainsi en lui-même l’identité essentielle entre Créateur et créatures. La shari’a est la voie extérieure, celle du zâhir, mais elle trouve sa justification dans l’intérieur, le bâtin, comme le mouvement de notre corps trouve son origine dans le fond de notre âme. L’individu humain est dans l’obligation de partir du socle formel pour s’élever, d’abord dans les prolongements de cet état même, et puis bien au-delà.

Ainsi va l’ordre du monde, avec un extérieur et un intérieur, pour que nous connaissions Dieu sous ces deux aspects dont nous sommes nous mêmes dotés.



[1] Le terme arabe est souvent rendu par « veine » en référence à l’anatomie humaine. Mais la veine transporte du sang chargé d’impuretés. Certains traducteurs, pour exprimer cette présence lumineuse de Dieu en l’Homme, lui préfèrent donc le mot « artère ».

Mots clés

Marie-Hélène Dassa

Rédactrice en chef de la revue "Soufisme d’Orient et d’Occident".

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

9 février 2010

Ce que la langue française désigne parfois indistinctement par les termes “prophète”, “messager” ou "envoyé“, les textes puisés dans la tradition islamique les désignent par deux termes bien distincts : d’une part “nabî” – littéralement “prophète” –, d’autre part “rassûl” – littéralement “messager”. Il apparaît qu’il y a une différence entre Nabi et rassul, en ce sens que tout rassul est aussi nabi et que tout nabi n’est pas forcément rassul. Ainsi, le Prophète Muhammad a dit que les hommes diront à Noé le jour du jugement : O Noé, tu es le premier messager(“rassûl”) que Dieu a envoyé à des gens de la terre (rapporté par Al-Bukhârî, n° 4206, Muslim, n° 194, At-Tirmidhî, n° 2434, etc).

Le Prophète a également dit : Le premier prophète (“nabî”) à avoir été nommé messager (ursila) fut Noé (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 1289, sahîh bi-sh-shâhid). Abû Umâma rapporte ainsi avoir posé les questions suivantes au Prophète Muhammad (sur lui la paix) : "O Prophète de Dieu, quel homme a été le premier prophète ? – C’est Adam. – O Prophète de Dieu, Adam, un prophète ? – Oui, un prophète, auquel Dieu a parlé ; Il l’a créé de Sa Main, ensuite y a insufflé l’âme puis lui a dit : “Adam, avance”. – O Messager de Dieu, quel a été le nombre total de prophètes (“nabî”) ? – Il y a en eu cent vingt quatre-mille ; trois cent quinze parmi eux ont été messagers (“rassul”)… (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, tome 6 pp. 359-360, sahîh li ghayrih d’après Al-Albânî). Or Dieu dit explicitement de Ismaël qu’il était “nabi” et “rassûl” (Coran 19/54). Ceci a donc amené d’autres savants à présenter d’autres définitions qu’il serait très long de développer ici.

9 février 2010
djamel a dit :
Cher Mamily, je vous suis reconnaissant pour la défense d’autrui, c’est un trait de caractère noble et que je respecte énormément. Cependant, il me semble que je n’ai pas traité le frère damen d’incohérent mais seulement relevé la cohérence qu’il y a dans l’univers (à travers les lois que Dieu a posées.) En conséquence, on peut affirmer que Dieu est cohérent. Ce que vous prenez pour un reproche n’est en fait qu’un constat général (Cf.l’emploi de l’être humain ) que l’incohérence peut aboutir à des non-sens et des situations absurdes. Toutes mes excuses pour celui ou celle qui se sent froisser par mes propos.
9 février 2010
damen a dit :
Cher Djamel, le fait d’adorer ALLAH ne fait pas de ADAM un prophète ou un messager, sur quel verset vous vous appuyiez pour prétendre la prophétie de ADAM ? ou uniquement imitation répétitive. L’adoration de ADAM à son seigneur se limitée à ne pas se rapprocher de l’interdit, la première leçon de l’obéissance, la seconde leçon est que l’être apprend à travers ces erreurs. L’adoration de ALLAH est dans l’obéissance et non dans la pratique des rituels. La révélation pour info a commencé avec le prophète NOE, avec le premier commandement l’attestation de la foi que ALLAH est unique, le 1er pilier de l’Islam qui constitue le premier pas vers la voie de la droiture(tarik elmoustakim).
8 février 2010
Mamyli a dit :

Cher Djamel, Ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec quelqu’un que ce dernier est incohérent. Chacun a une raison et un argument s’accompagne toujours de sa justification.

Celui qui dit qu’Adam n’est pas un Prophète note seulement que nous ne disposons pas du Texte révélé qu’il aurait transmis.

Le Coran nous dit aussi que toute communauté a eu son Prophète, étymologiquement un homme qui parle au peuple.

Je ne vois pas l’incohérence ! Amitiés. Liliane Bénard

8 février 2010
djamel a dit :
Mon cher damen, je n’ai pas la traduction du Coran en français, je préfère le lire dans sa langue originale. Tu affirmes d’une manière assez hasardeuse qu’Adam (PSL) n’était ni prophète ni messager. Faux puisque il existe un verset où il est dit en substance : Je n’ai crée les djins et les humains que pour qu’ils m’adorent. Comment veux-tu que Dieu crée un premier être, en l’occurrence Adam (PSL) sans lui assigner une mission alors que le but de la création est justement l’adoration de Dieu par ses créatures ? Comment veux-tu que Dieu soit adoré sans qu’il ne délègue quelqu’un pour nous montrer les modalités de cette adoration ? L’univers est cohérent et l’être humain doit rester cohérent dans son raisonnement car la cohérence est un critère de vérité.
6 février 2010
damen a dit :
En ce qui concerne la création de ADAM (qui n’est pas un prophète ni un messager), nous devons se pencher sur le verset 20 du sourate les Romains, le verset 29 du sourate Luqman. Une question à Marie-Hélène Dassa,
 Est-ce que vous comprenez l’Islam dans sa nature premordiale et originelle sur laquelle notre seigneur nous a crée ? Pour vous aidez penchez vous sur le verset 29 sourate Les Romains.
6 février 2010
Karim B., Montréal a dit :

Édifiant !

Je ne m’attendait à rien de moins !

Toute gloire est à Dieu, l’Unique, l’exalté.

Merci soeur Dassa.

wa salam aleykoum

5 février 2010
me a dit :
« Occupez-vous de vous purifier, plutôt que de discuter sur la manière rituelle de monter une chamelle ! » disait une grande sainte de l’islam.
5 février 2010
Mamyli a dit :

Cher Conscient, Vous savez bien qu’il ne s’agit pas de combattre mais de reconnaître la pluralité du monde musulman et de saisir les enjeux de la spiritualité. Le nom d’Adam, vous le dîtes bien, évoque tout être humain.

La question est alors comment Dieu a-t-il créé l’homme, un être vivant différent des anges. Ce dernier doit en être conscient, il est poussière...mais il n’est pas que cela. Il est aussi matière organique, esprit etc.. Pour Muhammad Asad, nous ne savons pas comment Dieu a créé l’homme et aussi le temps pendant lequel il vit.Il traduit le verset suivant de la sourate 40 :

"(68) C’est Lui qui donne la vie et provoque la mort. Lorsqu’Il veut qu’une chose soit, Il lui dit seulement « Sois », et elle est."

Jésus n’est-il pas né sans père terrestre ? L’éternité de Dieu est différente du temps nécessaire à notre existence. Il ne s’agit donc pas de polémiquer sur l’ordre des choses comme de l’inorganique à l’organique et réciproquement.

L’enjeu est simple : l’homme et la femme sont des créatures de Dieu et nul ne saurait établir une hiérarchie originelle. Vous le dîtes aussi très bien : seuls les plus pieux seront meilleurs.

Vous n’ignorez pas que d’autres musulmans ne s’accordent pas à ce sujet. Ils pensent que le prophète Adam, un être masculin, est le point de départ du genre humain et différent de lui...

Marie-Thérèse Dasso va certes plus loin qu’un souci peu innocent de la littéralité qui importe cependant.

Amitiés. Liliane Bénard

5 février 2010
conscient a dit :
a mamyli on ne va pas polemiquer j’ai juste corriger une erreur et j’ai apporté les preuves. je ne vois pas le mal. nous devons etre precis dans nos ecrits surtout religieux. de plus je ne rejette pas l’essence du texte mais je reitère ma position il n’y a pas de saint en islam peu importe le degre de devotion et de soumission à ALLAH. nous avons 2 guides le coran et la sounnah si saint il y avait en islam cela serait marqué. le meilleur des hommes auprès d’ALLAH ’azza wajal est le plus pieux. c tout. barakaALLAHou fiki
5 février 2010
Mamyli a dit :
Dans mon blog à propos de la seconde partie de l’ordre du monde de Marie-Thérèse Dassa, je voulais répondre à Conscient et à L’oeil ouvert qui s’accordaient pour distinguer la poussière et un caillot de sang. La première référence de Marie-Thérèse Dassa à Coran(40,67) est parlante. J’ai transmis la traduction de Muhammad Asad que j’ai appelé par maladresse Muhammad Hamidullah (un autre de mes maîtres). Pardon pour ces deux savants croyants qui ne m’en voudront pas car leur lecture de ce verset n’est guère différente. Je demande seulement aux lecteurs de pardonner cette erreur car la traduction anglaise que j’ai citée (en français)du Coran est bien celle de Muhammad Asad. Son édition en français est en préparation... ça n’a finalement rien de "capital". Il convenait quand même de préciser sans oublier que l’interprétation demande plusieurs niveaux, du littéral au spirituel. Marie Thérèse Dassa nous en donne des preuves éclatantes. Amitiés. Liliane Bénard
5 février 2010
Mamyli a dit :

J’ai très envie de dire à conscient que son effort pour traduire des versets ne doit pas s’arrêter là. La question n’est pas de savoir si l’homme a été créé de poussière ou de sang coagulé. Le verset 67 de la sourate 40 montre bien qu’il est fait de matière inorganique (comme la poussière) et organique (comme le sang ou une goutte de sperme ou une cellule vivante etc.). Il importe alors de saisir son originalité et sa liberté, celle d’accepter ou de refuser l’amour que Dieu lui porte comme à ceux qui sont nés de lui. L’homme en question pouvant être masculin ou féminin et la naissance des générations provenant de l’union d’un homme et d’une femme. (chacun sait comment on fait un enfant). Nous pouvons relire le verset cité :

(67) C’est Lui qui vous crée à partir de la poussière , puis d’une goutte de sperme, ensuite d’une cellule germinale. Il fait alors de vous des enfants puis [Il ordonne que] vous accédiez à la maturité et ensuite que vous vieillissiez, bien qu’[Il fasse] mourir plus tôt certains d’entre vous. Et [tout cela, Il l’ordonne] afin que vous parveniez à un terme fixé [par Lui ], et que vous [appreniez] à faire usage de votre raison." (la traduction est celle de Muhammad Hamidullah (1982, traduite en français à partir de l’anglais)

D’autre part, dire qu’il n’y a pas de saints en Islam a certes un sens. Il ne s’agit pas d’en faire des demi-dieux, contredisant l’unicité divine. N’y-a-t-il pas pourtant parmi les hommes certains qui apparaissent meilleurs que d’autres, plus conscients de leur proximité vis-à-vis de Dieu ? Marie-Thérèse Dassa nous parle du soufisme qui propose des moyens d’évoluer comme par étapes et du point où nous en sommes, bénéficiant certes du modèle du Prophète et de ceux qui l’ont précédé mais aussi d’hommes et de femmes qui ont trouvé en Dieu leur bonheur parce qu’ils savaient que Dieu les aime et qu’ils pouvaient ou non l’aimer.

Je ne crois pas m’éloigner de l’article dont le premier sous-titre est la dimension de l’amour. Amitiés. Liliane Bénard

4 février 2010
l’oeil ouvert a dit :
Des textes comme celui de Marie-Hélène Dassa sont tellement clairs et juste , qu’ils n’ont pas besoin de commentaires , sauf pour ceux qui veulent polémiquer ! La seule remarque , d’ailleurs vu et corriger par conscient c’est que Adam à était crée de l’argile et non d’un caillou de sang coagulé , contrairement à sa descendance ! merci madame pour vote travail bien fait et offert aux électeurs d’oumma.com !
4 février 2010
conscient a dit :
salam aleycoum petite rectification ADAM aleyhi salam n’a pas ete créer d’un grumeau de sang coagulé et quand ALLAHOU TA’ALA parle dans le coran sourate 40 verset 67 il parle de l’homme son origine donc ADAM par la terre mais le reste c les generations après lui dont ses enfants crées à partir d’un grumeau de sang coagulé. Allah a dit : « Quand Ton seigneur dit aux anges : « Je vais créer d’argile un être humain. » Qur’an 38, 71. de plus il n’y a pas de sainte en islam ni de saint d’ailleurs. à part cela le texte est très clair.merci à vous
4 février 2010
Hayat a dit :

Salam Soufiane,

Puis-je vous poser une question juste pour vérifier une théorie à moi :

Aimez vous le chocolat ???

4 février 2010
Mamyli a dit :

Chère Marie-Thérèse, Nous sortons d’un rêve merveilleux quand nous avons fini de lire cet article.

Le rêve est une réalité existentielle et incontestable. Il n’y a alors rien à dire puisque nous savons que le langage est ambigû. Il peut transformer la réalité rêvée et mentir.

Il s’agit de se connaître soi-même et de percevoir la simplicité originelle de la vie spirituelle comme la confiance en Dieu.

Le moment de l’éveil est celui du silence capable d’intérioriser un rêve, avant toute interprétation. Merci encore et amitiés. Liliane Bénard

4 février 2010
Hayat a dit :
BarakAllahufik Marie Hélène Dassa, votre texte est lumineux !
4 février 2010
Soufiane a dit :

bonjour, salam aleykoum,

merci beaucoup Marie-Hélène Dassa pour cet article enrichissant ! j’ai relevé avec intérêt cette phrase : "toutes les âmes sont féminines et soupirent vers le seul principe qui est Dieu et ne voit que les cœurs, non les sexes." Cela me fait penser à deux figures féminines du Coran : la femme de Putiphar, le vizir du Phraraon, qui est amoureuse de Joseph, et la Reine de Saba... toutes deux finissent par reconnaître qu’elles ont fait fausse route, l’une parce qu’elle a voulu commettre un adultère avec Joseph, l’autre parce qu’elle adorait le soleil au lieu d’Allah. Mais ce qui est remarquable, c’est que ces deux femmes semblent aspirer à la rencontre avec Dieu, même en état apparent d’infidélité à Dieu. Abraham lui-même passe par l’amour de la lune, du soleil, des étoiles, avant d’arriver à l’amour du créateur de la lune, du soleil, des étoiles... J’en déduis que l’âme est foncièrement amoureuse de Dieu, même en état apparent d’infidélité, et qu’elle a besoin d’être guidée par l’esprit pour parvenir à Dieu, comme le dit Marie-Hélène Dassa. Joseph pourrait être l’esprit de la femme de Putiphar, comme Salomon l’esprit de la reine de Saba... la rencontre avec Dieu serait donc de l’ordre de la rencontre entre le féminin et le masculin ?

salam aleykoum,

Soufiane

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